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Irrecevabilité des prétentions du syndicat des copropriétaires contre une copropriétaire mise en demeure en paiement de charges à une adresse erronée dont il connaissait l’adresse réelle

Le 24 mai 2018, le syndicat des copropriétaires d’un immeuble avait fait délivrer une assignation à une copropriétaire afin de la faire condamner :

  • au titre du paiement des arriérés de charges de copropriété qu’elle devait,
  • au titre de frais de gestion, avec intérêts à compter de la mise en demeure de payer adressée par le syndic, et de l’assignation,
  • au titre de dommages intérêts pour résistance abusive et injustifiée et préjudice causé à l’ensemble de la copropriété, avec intérêts de droit à compter du jugement,
  • avec capitalisation des intérêts,
  • aux frais de l’article 700 du code de procédure civile outre les entiers dépens de l’instance.

Le cabinet Cerda conseillait en défense la copropriétaire assignée, contre le syndicat des copropriétaires demandeur.

Le 16 novembre 2018, lors de l’audience des plaidoiries, le cabinet Cerda a soulevé l’irrecevabilité de la demande du syndicat des copropriétaires en l’absence de respect des dispositions de l’article 56 du code de procédure civile relatif aux diligences entreprises en vue de la résolution amiable du litige.

Le cabinet Cerda a également indiqué que le syndic, mandataire du syndicat, avait commis une faute en adressant l’ensemble des correspondances à l’attention de la copropriétaire à une adresse erronée, ce qui était de nature à engager la responsabilité du syndicat des copropriétaires, dès lors que le syndic avait pleinement connaissance de l’adresse réelle de la copropriétaire.

Par jugement du 17 janvier 2019, le tribunal d’instance de Paris a :

  • déclaré irrecevable les prétentions du syndicat des copropriétaires,
  • débouté le syndicat des copropriétaires de l’ensemble de ses prétentions,
  • débouté la copropriétaire de ses demandes de dommages et intérêts,
  • dit que la copropriétaire était dispensée de toute participation aux frais de procédures en application de l’article 10-1 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965,
  • ordonné l’exécution provisoire,
  • débouté le syndicat des copropriétaires de sa demande fondée sur l’article 700 du code de procédure civile,
  • condamné le syndicat des copropriétaires au titre de l’article 700 en faveur de la copropriétaire,
  • condamné le syndicat des copropriétaires aux entiers dépens.

Le jugement du tribunal d’instance de Paris du 17 janvier 2019, RG n° 11-18-211189 est public. Il peut être téléchargé en suivant ce lien. Afin de respecter le caractère absolu du secret professionnel de l’avocat, le jugement est anonymisé.

Aracelli CERDA, avocat à la Cour, spécialiste en droit immobilier www.cerda-avocats.com

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assemblée générale copropriété nos procès nullité de l'assemblée générale

Nullité du mandat du syndic qui n’avait pas ouvert de compte bancaire séparé au nom du syndicat

Un copropriétaire souhaitait faire annuler une assemblée générale des copropriétaires de son immeuble.

Le 07 mars 2016, le cabinet Cerda, qui le conseillait, a fait délivrer une assignation au syndicat des copropriétaires et au syndic à cette fin.

Le syndicat et le syndic défendeurs considéraient la demande infondée et injustifiée.

A l’audience du 16 octobre 2018, Maître Aracelli Cerda a plaidé dans l’intérêt de son client copropriétaire en précisant :

« II.-Le syndic assure la gestion comptable et financière du syndicat et, à ce titre, est chargé :
(…)
-d’ouvrir un compte bancaire ou postal séparé au nom du syndicat sur lequel sont versées sans délai toutes les sommes ou valeurs reçues au nom ou pour le compte du syndicat. (…) La méconnaissance par le syndic de cette obligation emporte la nullité de plein droit de son mandat à l’expiration du délai de trois mois suivant sa désignation.
(…) »

  • Trois mois après l’assemblée lui ayant donné mandat d’ouvrir un compte bancaire séparé, le syndic ne s’était pas exécuté ce qui emportait la nullité de son mandat,
  • A la date de l’assemblée dont la nullité était demandée, le syndic ne rapportait pas la preuve de l’ouverture du compte bancaire séparé, ce qui justifiait la demande de nullité de l’assemblée des copropriétaires.

Le 10 décembre 2018, le tribunal de grande instance de Nanterre a prononcé la nullité de l’assemblée générale qui était demandée par le copropriétaire représenté par le cabinet Cerda.

Par ailleurs, le tribunal a rejeté la demande reconventionnelle du syndicat qui reprochait au copropriétaire d’avoir « intenté un recours en nullité abusif et de multiplier les procédures pour perturber le fonctionnement de la propriété et le travail du syndic. »

Le tribunal a jugé que le caractère abusif de l’action du propriétaire n’était pas démontré.

Enfin le tribunal a condamné le syndicat et le syndic aux dépens et a dispensé le copropriétaire demandeur des frais de procédure par application de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965.

L’exécution provisoire du jugement a été ordonnée.

Le syndicat des copropriétaires et le syndic défendeurs n’ont pas fait appel du jugement.

Le jugement du tribunal de grande instance de Nanterre du 10 décembre 2018, 8ème chambre, RG n° 16/02850, qui est public, peut être consulté en suivant ce lien. Afin de respecter le caractère absolu du secret professionnel de l’avocat, le jugement est anonymisé.

Aracelli CERDA, avocat à la Cour, spécialiste en droit immobilier www.cerda-avocats.com